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15 jours autour de Tokyo et Kyoto
Ecrit par Valérie   
Mercredi 17 novembre

Nous décollons de Roissy avec la tête pleine d'idées sur le Japon. Nous nous attendons à être dépaysés, nous le sommes dès que nous nous installons dans la carlingue, peuplée à plus de 90 % d'Asiatiques. L'embarquement s'est fait dans un calme et une discipline incroyable, en quelques minutes seulement. Sitôt entrés dans l'avion, les Japonais enfilent leurs chaussons (ils ont pensé à emmener des chaussons, ce qui n'est pas un luxe pour les quelque 11 h de vol), s'assoient et ferment les yeux. Il faudra qu'on reparle de ça plus tard, mais nous constatons qu'ils ont une fantastique aptitude à s'endormir un peu n'importe où... ou au moins à fermer les yeux pour se reposer ou méditer.

Jeudi 18 novembre

Nos amis Miyoko et Serge nous ont donné rendez-vous à la gare de Shinjuku, près de chez eux. Il y passe, dit-on, 1,3 million de passagers par jour. Nous aurons le temps de nous goûter à ce flux incessant de salaryman et de collégiens en uniforme, puisque nous mettrons quelques heures à retrouver nos hôtes. Lost in translation...

Vendredi 19 novembre

Serge nous emmène à Shibuya et Shinjuku, Voir la photodeux quartiers haut en sons et lumières. Ce qui est amusant, c'est le contraste de ses tours et des petites ruelles loupe.jpg. Nous plongeons dans le quartier coréen où nous découvrons les jeunes assistants des yakusas qui démarchent dans la rue pour trouver de jeunes filles prêtes à tourner dans des vidéos X. Leur look est rigolo : chemise colorée au col aux longues pointes sous une veste négligemment portée. Ils ont visiblement trop regardé de films du genre... Nous croisons aussi sur notre routeles love hotel loupe.jpget les boutiques de manga gigantesques où les libres sont classés par genre (pour filles, garçons, adultes, traitant de football...).

Nous découvrons aussi que les trottoirs sont le plus souvent non fumeurs et qu'ils y a des endroits réservés pour ça Voir la photodans les rues de la ville. Serge nous laisse pour aller donner ses cours de français, mais avant, il nous montre la statue du chien Hachiko Voir la photo, devant la gare de Shibuya. Cette statue est un point de rendez-vous un peu particulier pour les habitants de Tokyo. Hachiko, le chien statufié, venait conduire son maître à la gare de Shibuya tous les jours et l'y retrouvait tous les soirs. Un jour, son maître mourut pendant la journée. Durant sept ans, le fidèle compagnon vient l'attendre chaque soir. A sa mort en 1935, on organisa une collecte pour lui ériger une statue... qui fut fondue pour l'effort de guerre. Mais les Japonais, fidèles eux-aussi, la firent reconstruire en 1948.

En attendant Serge, le soir, nous goûtons avec Miyoko un petit Beaujolais nouveau, qui a une saveur particulière à plus de 10 000 km de Paris.

Samedi 20 novembre

Cyril et moi nous lançons seuls à l'aventure dans le quartier d'Ueno. Nous commençons par découvrir le marché d'Ameyoko. Des étals à perte de vue. Depoissons Voir la photo, toujours de poissons Voir la photo(mangés à toutes les sauces et parfois pour la friture Voir la photo), de poulpes Voir la photo, de crustacés Voir la photo, d'épices, de thé, d'algues Voir la photo, de fruits et légumes Voir la photo(importés, ils sont hors de prix !). Certaines odeurs sont pour nous une découverte. Elles nous suivront pendant deux semaines. C'est aussi ce qui fait la personnalité d'un pays.

Nous nous rendons ensuite au parc d'Ueno. Depuis les berges de son étang couvert de nénuphars Voir la photo, on y voit l'audacieux hôtel Sofitel Voir la photo. Direction le zoo du parc. Incontournable pour y rencontrer l'un des symboles du Japon, objet d'un culte des petits comme des grands. Les pauvrespandas Voir la photoéteints ont l'air d'avoir conscience qu'ils sont en voie d'extinction.

Changement de quartier, Asakusa et ses temples. Petite pause l'après-midi pour déguster notre première brochette de poulpe. Nous pensions que c'était une friandise sucrée. Effet bizarre garanti. Le soir, nous retrouvons Serge et Miyoko à Shinjuku. Elle nous fait découvrir les plats typiques dans un bar japonais. Ensuite, safari photo dans les rues de la ville. C'est beau une ville électrique Voir la photola nuit Voir la photo.

Dimanche 21 novembre

Visite au Palais impérial Voir la photo le matin. Un espace de sérénité en plein coeur de la ville. Un ilot de verdure et d'espace au milieu de la foule. Après-midi à Harajuku avec Serge. Ses jeunes punks, rocks et no future Voir la photo, sa Takeshita dori (on y trouve des costumes pour aller parader sur le pont près de la station Harajuku). Nous nous rendons ensuite à Ikebukuro, petit Shinjuku à taille plus humaine. On y vient surtout pour visiter comme se visite un musée le deuxième plus grand grand magasin (depato) du pays, Seibu, qui recouvre la gare.

Lundi 22 novembre

Pour nous rendre au mont Fuji Voir la photo, nous avons décidé de recourir à la visite guidée. Nous embarquons donc tôt le matin dans un bus qui nous mènera jusqu'à la cinquième station de la montagne sacrée. Puis nous nous rendons à la pagode de la paix loupe.jpg, avant de faire une petite balade sur le lac Ashi. Malheureusement, les nuages nous empêchent de voir de ce lac le mont Fuji, tout comme au sommet du funiculaire qui nous fait prendre un peu de hauteur sur ses rives.

Mardi 23 novembre

Nous nous levons un peu tard aujourd'hui. Il faut dire que l'excursion d'hier s'est terminée dans un magistral bouchon qui nous a fait revenir plutôt tard à Shinjuku. Miyoko et Serge ne travaille pas aujourd'hui (c'est aujourd'hui la fête des travailleurs, un jour férié, bien que tous les magasins soient ouverts). Nous faisons une virée à Akihabara, la ville électrique Voir la photo. Toutes les nouveautés de l'électronique se trouvent là !

Mercredi 24 novembre

Changement d'ambiance, nous nous rendons à Kamakura, situé à une heure de train de Tokyo. Nous avons rendez-vous avec le grand Bouddha de la lumière éternelle loupe.jpg.

Jeudi 25 novembre

Journée de transition. Nous quittons Tokyo pour Kyoto, le Japon ultramoderne pour un Japon plus traditionnel. L'aventure de la journée sera liée à notre hébergement. Nous avons décidé de dormir deux jours dans un ryokan, hôtel traditionnel japonais. Au programme, dîners servis dans la chambre avec des mets que nous mangeons sans vraiment savoir ce qu'on mange, dodo à même le sol sur des futons qui disparaissent pendant la journée, bains publics très codifiés où l'on se rend en kimonos prêtés par le ryokan, et petits déjeuners où la sardine grillée tient la vedette. Tout cela sans comprendre un traître mot de ce que peuvent bien vouloir nous dire - toujours en japonais - nos charmantes hôtes. On s'est bien amusé mais c'était un parfois un peu la quatrième dimension. Promis, la prochaine fois qu'on revient au Japon, on aura appris à dire quelques phrases en japonais, au moins pour savoir ce que l'on mange...

Vendredi 26 novembre

Visite guidée de Kyoto, histoire d'avoir un rapide éclairage de ce que cette ville recèle de merveilleux. Visite du château Nijo, du Pavillon d'or (Kinkaku-ji) loupe.jpg et de son parc, de l'ancien Palais impérial, du tombeau shintoïste Heian, du hall Sanjusangendo avec ses mille et unes statues du bois représentant Kannon, divinité de la miséricorde, du temple Kiyomizu.

Samedi 27 novembre

Nous allons cette fois découvrir Kyoto à pied, en flânant. Sans doute le meilleur moment de la journée : une déambulation le long de la promenade du philosophe, qui longe l'ancien canal entre le temple Nanzen-ji et le temple Ginkaku-ji. Des escaliers serpentent entre des maisons de thé en bois, des jeunes filles grimées en geishas d'un jour, déambulent fièrement.

Dimanche 28 novembre

Visite le matin du Tofuku-ji situé au sud-est. Là, les touristes occidentaux ne sont même pas rares, ils sont carrément absents, à part nous. C'est pourtant l'un des plus beaux endroits que nous verrons à Kyoto, notamment ses trois jardins zen dessinés par Shigemori Mire en 1938. Visite guidée à Nara l'après-midi : le temple Todaiji, le plus grand bâtiment en bois du monde, le sanctuaire Kasuga, le parc aux daims sacrés. Retour en bus dans les bouchons. La nuit est déjà tombée quand nous rentrons.

Lundi 29 novembre

Pour nos deux derniers jours de visite au Japon, nous avons décidé de jouer sur les contrastes sans changer de région. Aujourd'hui, nous nous rendons à O'Hara, à environ 1h30 de bus de Kyoto. Cette petite bourgade est très appréciée des citadins, notamment à l'automne. Le bus est plein et les rues d'O'Hara aussi. A la descente, des plans des lieux sont disponibles. Ils ne sont qu'en japonais. Voyant notre air dubitatif, une jeune fille entreprend spontanément de noter sur notre carte les noms en caractères romains. Nous sommes sauvés !

Nous visitons le temple Sanzen-in avec ses jardins  de mousse et d'érables. Dans une salle très silencieuse, des visiteurs japonais recopient des soutras. Il suffirait d'écrire une seule lettre d'un soutra pour que ses voeux se réalisent... Nous nous rendons aussi au monastère féminin Jakko-in, à l'autre bout de la bourgade, qui a été détruit par un incendit. Un modèle réduit en est présenté et les jardins sont magnifiques. Mais ce qui retient particulièrement notre attention dans ce village, c'est l'atmosphère qui y règne. Nous sommes hors du temps, à quelques dizaines de kilomètres seulement de Kyoto. On entrevoit ce qu'a pu être le Japon avant son entrée subite et à grands pas dans l'ère moderne. Nous nous arrêtons dans un petit restaurant au bord d'un ruisseau. Nous laissons nos chaussures dehors et glissons nos jambes sous les couvertures à notre disposition près des tables basses. Un repas simple, pris dans cette nature épargnée, c'est plutôt une expérience zen pour deux Parisiens en vadrouille.

Nous flânons dans les ruelles. Ici, nous achetons du thé. Son odeur de fumé emplissait l'air, nous n'avons pu résister. Plus loin, un commerçant édenté nous demande d'où l'on vient. A notre réponse, il s'empresse fièrement de nous raconter, dans un jargon anglo-allemand agrémenté de langage des signes, que son fils est venu trois fois en France. La première pour faire les vendanges ; la deuxième pour boire du vin ; la troisième en voyage de noce. Nous reprenons avec regret le chemin de la grande ville.

La nuit commence à tomber à Kyoto. Nous visitons le quartier de Gion, très connu car il abrite les maisons de geishas. Une rue a été préservée et rappelle le Japon d'il y a plus d'un siècle. Sans doute qu'on y tourne souvent des films.

Mardi 30 novembre

Nous partons pour Osaka avec en tête les images du film Black Rain de Ridley Scott. En terme d'atmosphère, la ville ne nous décevra pas. C'est un Tokyo à taille humaine. Nous commençons par nous perdre dans les ruelles d'un vaste marché couvert aux odeurs délicieuses qui débouche dans l'une des stations de métro de la ville. Nous poursuivons avec le quartier de Dôtombori et son fameux immeuble Kirin. Partout, les enseignes rivalisent d'originalité. Dans une petite rue toute proche, s'élève le temple Mizutake Fudôsan, l'un des plus fréquenté d'Osaka. Le Bouddha en mousse attire les chefs d'entreprises qui viennent demander que leur affaire marche et les couples qui veulent aussi que leur affaire marché...

La Doguya-Suji est une longue galerie couverte bordée de boutiques de grossistes où viennent se ravitailler tous les restaurateurs du pays en ustensiles de cuisine jusqu'au faux plats en plastique présentant la carte dans les vitrines des restaurants. Nous achetons une petite théière. Le commerçant, qui doit pourtant avoir de gros clients, prend le temps de nous trouver le filtre parfaitement adapté. Le sens de la clientèle. Nous faisons une halte dans un bar à sushi de Dôtombori. Une petite gargotte sans prétention. Nous nous asseyons devant une tapis qui tourne inlassablement autour de cuisiniers, qui alimentent la chaîne. Au-dessus de nos têtes, un robinet pour se servir du thé à volonté. Les soucoupes s'amoncellent devant nous. C'est délicieux et nous avons du mal à nous arrêter. Quand nous avons fini, un jeune homme compte les assiettes et multiplie par 120 yens. La note est vite calculée.

Nous quittons le quartier après une petite immersion à Nipponbashi, quartier de l'électronique. Cette après-midi, direction le château d'Osaka. Historiquement, il n'a pas grand intérêt : il fut édifié à la fin du 16e siècle, mais a été détruit à de nombreuses reprises et reconstruit. Par exemple, le donjon principal est une réplique en béton. Malgré tout, c'est un bâtiment qui en impose et qui fait  penser aux seigneurs féodaux, aux shoguns, aux luttes intestines pour le pouvoir, aux samourais. Bref, il est très romanesque ce château pour les petits occidentaux que nous sommes.


Mercredi 1er décembre

Avion Osaka-Paris :
1er décembre à 10.45. Osaka Kansai JL 425 N/OK
1er décembre à 15.20. CDG Terminal 2F

Un pays, ça se définit aussi par tous ces détails qu'on ne trouve pas chez nous. Petit florilège :

  • les distributeurs de boissons Voir la photo. Ils ne sont pas inconnus chez nous, mais au Japon, on en dégote à chaque coin de rue et il n'est pas rare d'en croiser au détour d'un chemin en rase campagne.
  • les fils électriques loupe.jpg qui courent au-dessus des têtes. Dans un pays si organisé et high-tech, ça saute au yeux. Mais il faut penser aux dégats qu'un séisme pourrait causer avec toutes ces lignes enfouies.



 
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