6 août 2009
On se plaît vraiment beaucoup à Homer.
Pour explorer la zone, et notamment la baie de Kachemak, on a opté pour le Kayak. L'occasion d'approcher de plus près nos amies les loutres.
Et aussi de discuter avec Brad, notre guide. Rendez-vous avait été pris sur une île près de laquelle habite l'intéressé. Toujours instructif de converser avec un gars qui n'a pas vu un poste TV depuis 1982.

Le lieu : camping de la Russian River, emplacement 66 (prédestiné ?)
Le moment : fin de dîner vers 20 heures, Cyril et Valérie face à face dans le Truck Camper.
Valérie, jetant un coup d’oeil par la fenêtre, dit : « Tiens, y a un gros chien qui passe. »
Cyril se retourne vers la porte grande ouverte et dit : « … !!!!! »
Vous l’aurez compris, ce n’était pas un chien mais un ours brun (appelé « grizzly » dans l’intérieur du pays). Nous étions en haut, dans la cabine du Camper et lui en bas du petit escalier pliant qui se déploie pour y accéder. Seule séparation : deux mètres et la moustiquaire. Il faisait en effet bien beau et j’avais laissé la porte ouverte pour que le soleil me chauffe le dos… Je crois que j’ai perdu mon bronzage dans la seconde tout en sursautant (ou frissonnant ?). L’ours, manifestement surpris aussi, a fait un petit bon en arrière.
J’ai pensé me semble-t-il :
« Il va tout de même pas monter l’escalier ?! » (crainte légitime)
« Je vais fermer la porte ! Pas possible ! Faudrait que je sorte d’abord ! » (première pensée stupide)
« Avec quoi on peut faire une barricade ?! Nos sacs à dos ? » (deuxième pensée stupide)
Et puis ces pensées à peine formulées, l’ours a tranquillement pris la direction de la rivière (et celle du saumon), doucement, tout en nous jetant régulièrement des regards. Nous on est restés plantés là, avec pour seul souvenir tangible de son passage des jambes flageolantes.
Plus tard, Valérie a souhaité achever la journée par une balade digestive. J’avais comme un doute mais bon… La balade a été vite écourtée lorsque des pêcheurs, un autre ours brun sur les talons (et de fait, le plantigrade gambadait quelques mètres derrière eux), nous ont vivement conseillé de les accompagner dans leur fuite. C’est décidé : demain, on change de camping. J’aime bien trouver les ours mais seulement quand je les cherche 
++
PS 1 : pour le dîner on avait hésité entre saumon (grillé dehors sur un feu) ou pâtes. On a retenu la seconde option. Bon choix. La première aurait sans doute prolongé notre conversation avec l’ours.
PS 2 : j’ai averti les premiers rangers rencontrés. M’ont dit que les « cousins » de notre ours brun étaient sans doute dans le coin. M’ont conseillé d’acheter un « Pepper Spray » (bombe à poivre anti-ours) et de ne plus le quitter. Mouais… A utiliser avec précaution, le vent tourne souvent ici…
4 août 2009
Bon, ben, fallait bien que ça arrive...
Cette photo a été prise plus tard dans la soirée, après l'événement relaté ci-contre.

Le « Spit » de Homer ou comment héberger un bout de ville sur une moraine.
PS : comme d’hab, pour les cadrages dignes de ce nom, faudra attendre le retour à Paris. Là je traite (surtout je sauvegarde !) les photos en express avec Picmachinchose depuis la cabine du Truck Camper.

On a l’esprit de compétition à Homer. 1000 dollars à celui qui rapporte le plus gros flétan. Celui-ci pèse 40 kg. Un petit gabarit. Le record enregistré ce mois-ci flirte avec les 200 kg.

La vue que nous avons depuis le camping en ouvrant la porte du truck camper.

Un visiteur du soir qui s’est posé juste en face de nous.

Je ne me lasse pas de voir planer ces « Bald Eagles ».
4 août 2009
Drôle de coin que Homer. Une partie de la ville, dite le "Spit", est hébergée sur une langue de terre
qui est en fait la moraine d'un ancien glacier. Homer est connu pour ses prises records de flétan
(en termes de taille et de poids) et aussi pour être un des principaux points de départ des expéditions
en hydravion vers le parc national de Katmai et ses colonies d'ours.

Pas facile de prendre la mesure, même avec un bateau en point de repère

Impressionnant les « coups de fusil » des glaciers qui se fracassent.
PS : Normalement sur cette photo, on voit la mer. Mais Picasa et ses exports de m… en a décidé autrement – Lightroom me manque…

Forcément, on croise des choses sur les rochers proches .
PS : merci à cet oiseau pour s’être inscrit dans le champ quand il fallait.

Et d’autres choses en mer.

Photo quasi-rituelle mais pas sans plaisir.

Sur ce retour au bercail. Ce soir on dort là ! Pour ne pas perdre la mer de vue
3 août 2009
Chance : alors qu'il pleuvait depuis 13 jours à Seward, le lendemain de notre arrivée le soleil pointe ses rayons.
Une raison de plus d'embarquer pour une tournée des glaciers du coin.

Sur le port, les trophées du jour….

Après la pêche, la découpe !

Une couleur qui met en appétit, non ?

Dans la vie, y’a pas que le saumon. Faut aussi penser au Halibut (le flétan). En Fish & Chips, c’est rudement bon… D’ailleurs, j’y cours !
2 août 2009
Stop à Seward, niché dans "Resurrection Bay" (quel nom !), un port depuis lequel nous pourrons explorer les fjords du Kenai. En attendant le départ en bateau, on se régale du spectacle de ce petit port qui vit au rythme des retours des bateaux de pêche.

Bird Creek, au Sud d’Anchorage. Aussitôt le boulot fini, les locaux affluent.

Voici un exemple type (en taille) de ce que l’on attrape. Plutôt correct, non ?
30 juillet 2009
La route vers Kenai à peine entamée que la moindre crique grouille de pêcheurs à toute heure de la journée (et de la nuit ?). Faut dire que le saumon est là et bien là : les lignes se tendent dans la minute qui suit leur mise à l'eau. Les prises possibles étant limitées (3 par jour et par pêcheur dans la crique de la photo), la plupart des poissons, après une bonne frayeur, sont remis à l'eau.

Moi : Voilà, je passe vous voir parce que mon pneu a quasiment explosé, que j’ai dû le faire changer, qu’un gars sourd comme un pot m’a mis un pneu du même modèle mais usagé et que…
Lui : Et alors ?
Moi : Ben… Je me suis dit que vous voudriez peut-être vérifier que tout était ok…
Lui : Si t’es arrivé là, c’est que ton truck roule encore.
Moi : Oui c’est sûr. Mais je me demandais…
Lui : Si on va te mettre un nouveau pneu ? Sûrement pas. Nos pneus, nous, on les use tant qu’on peut. Neuf ça coûte cher.
Moi : Je comprends mieux pourquoi le mien a explosé. Donc, on vérifie rien et je repars ?
Lui : Tu viens d’où ?
Moi : Du Nord. De Denali.
Lui : C’est beau là-bas. T’as bien fait d’y aller. T’as vu des ours ?
Moi : Ben ouais. Pas mal et…
Lui : Tu vas où ?
Moi : Au Sud.
Lui : Tu vas pêcher alors ?
Moi : Non, j’ai pas vraiment l’équipement ni…
Lui : Tu vas au Sud et tu vas pas pêcher ! C’est bizarre. T’aimes le saumon au moins ?
Moi : Ah ça oui, j’aime le saumon mais pour revenir à mon pneu…
Lui : Alors suis moi !
Presque en courant, mon loueur-biker-trappeur m’emmène alors dans son garage où, au milieu des outils et camions désossés, trône un immense congélateur blanc. Il rentre littéralement dedans, en ressort avec 2 sacs et me les mets dans les bras.
Lui : Tiens, v’là du saumon que j’ai pêché. Au moins tu sauras quel goût ça a si t’en pêches pas.
Moi : Ben… Je sais pas quoi dire… Euh… Merci. C’est vraiment gentil… Et pour…
Lui : Ton pneu ? T’inquiète. Roule doucement et t’iras au bout du voyage. Allez, Salut.
L’arrêt a duré 5 min chrono en main. Précisons que la pression du pneu a tout de même été vérifiée – j’ai insisté. Nous avons donc repris la route avec 1/2 kg de saumon dans le frigo. Et avec le même pneu.
Direction la péninsule du Kenai, via une route qui suit le chemin de fer ou vice-versa, d’où la photo. De fait, le coin regorge de spots pour les pêcheurs. Nous on va surtout y chercher de nouvelles perspectives et de nouvelles couleurs…
++
29 juillet 2009
Comme prévu, petit stop à Anchorage avant de continuer plus au Sud vers la péninsule de Kenai. But du jeu : faire vérifier par le loueur de l'éclopé (c'est ainsi désormais que j'appelle le truck camper) l'installation du pneu de rechange. Ci-contre donc mon dialogue avec le représentant du loueur, un gars dont le look semblait hésiter entre celui d'un biker et d'un trappeur. Dialogue "authentique", comme on dit, je tiens à le souligner.

Les pneus (à plat, déchirés, explosés…) donc. Un problème récurrent sur les routes d’Alaska qui explique le nombre de publicités pour les services de remorquage. Suffisamment entamé sur plusieurs centimètres pour laisser échapper de l’air, ce pneu nous a cependant permis de rejoindre Cantwell.
Un épisode assez folkorique a suivi qui m’a vu hurler durant plusieurs minutes dans les oreilles d’un septuagénaire à moitié sourd que tout le monde me désignait comme la seule personne susceptible de m’aider dans ce qui ressemble plus à un carrefour qu’à une ville.
Au début j’ai eu quelques doutes. Puis, en le voyant manipuler ses outils, tout cela s’est vite envolé. Bref, Ken (je crois que c’est son prénom) nous a changé notre pneu. « De quoi tenir jusqu’à Anchorage », m’a-t-il assuré tout en crachant sa chique de tabac. On va voir ça… Cap au Sud, via Anchorage donc, où nous repasseront tout de même par le garage de notre loueur vérifier l’intégrité de la réparation.
PS pour la photo : Bon, malgré ce petit pépin on a tout de même eu le temps de prendre quelques images depuis cette « Denali Highway »
28 juillet 2009
Sortis de Denali, 2 solutions possibles :
- redescendre vers Anchorage pour aller vers l'Est ou le Sud
- obliquer tout de suite vers l'Est via la Denali Highway qui n'a rien de "Highway" puisqu'il s'agit
d'une piste d'environ 135 miles. Une route de toute beauté que avons parcourue l'an passé. Nous l'aurions bien empruntée à nouveau si le pneu arrière droit du Truck Camper n'en avait décidé autrement (lire la suite sous la photo)...

Le décor et la fameuse route.

Le McKinley dévoile son sommet quelques jours seulement dans l’année. Il est là, dans les nuages.

Assez fréquent de voir des ours qui gambadent dans ce vaste territoire.
Il s’agit ici d’ours bruns, plutôt petits par comparaison avec leurs cousins côtiers. Il faut dire que n’ayant pas (ou peu) accès aux gras saumons, leur régime alimentaire est à 85% végétal. Les indiens les appelaient « Toklat ».

Celui-là ne m’a pas laissé beaucoup de temps pour faire la mise au point…

Mais ce « Red Fox » était trop beau pour que je le manque…
27 juillet 2009
Avantage du Truck Camper, on peut changer d'avis facilement. Or un matin, au réveil, on s'est dit que, finalement, aller jusqu'à Fairbanks... Bof. Les villes ne sont pas vraiment ce que l'Alaska a de plus beau à nous offrir et la partie la plus belle de la route est derrière nous. Donc on est redescendu sur Denali pour profiter de conditions météo plutôt bonnes pour le coin.
Denali c'est un parc de 2,4 millions d'hectares (grosso modo, trois fois la Corse), un paysage de toundra et de montages au sein duquel logent le Mont McKinley (plus de 6 000 m) et, surtout ;-) : ours bruns, caribous, lynx, renards, aigles, loups...
Bref, un vaste espace sauvage particulièrement protégé : une seule route permet de s'y enfoncer (une piste de 85 miles reservée à des bus du parc qui la parcourent en 5 heures...) tandis que les permis
de camping sont accordés au compte-goutte. En dehors des pistes, difficiles d'avancer dans cette toundra - les meilleurs marcheurs ne font pas plus de 10 miles par jours.
Via le bus, et en se réveillant à 4h30 du matin, on a pu en profiter. Le temps de regarder les ours explorer la végétation en quête de nourriture, les cariboos gambader dans les vallées, les aigles jouer avec les vents... On en a pris plein les mirettes.

La maison du pompier local

Le gars doit avoir un sacré boulot. Les feux ont l’air du genre réguliers dans le coin et les hélicos anti-incendies défilent…

Photo qui mérite explication. Chaque année, Nenana organise une loterie nationale, le « Nenana Ice Classic ». But du jeu : déterminer le moment de la débâcle des glaces sur la rivière Tanana, à hauteur de Nenana, observée depuis cette tour. Les mises sont arrêtées à 600 000 dollars (mise de base = 2,50 $). La moitié des gains revient aux gagnants, l’autre moitié aux organisateurs et œuvres de charité locales. Généralement, la débâcle arrive entre le 20 avril et le 20 mai.
26 juillet 2009
Stop à Nenana, petit village rencontré sur la route vers Fairbanks, majoritairement habité par des indiens (la communauté a d'ailleurs ouvert un musée Athabascan). Un accueil chaleureux et une ambiance paisible.
On a appris à dire "au revoir" à la demoiselle qui tenait le "Visitor Information Center" (eh ouais, ils n'ont pas de routes goudronnées mais ils ont ce truc). On a mis une punaise colorée pour marquer Paris sur la mapmonde de notre logeuse (la gardienne du camping), très heureuse "d'épingler" son deuxième client français de la saison.